Quels sont les dangers de la plongée pour la peau ?

De quoi la peau du plongeur doit-elle être l’objet ?  De soins les plus attentifs et les plus constants.  Cela rappellera quelque chose à ceux d’entre vous qui ont connu les joies de la caserne. Mais cela correspond cependant à une réalité.

La peau est l’enveloppe du corps. Elle est faite pour l’air et non pour l’eau, même si elle est très tolérante envers cet élément. Ce n’est pas tellement des échanges thermiques bien connus de tous, et du refroidissement prévenu par le port des combinaisons dont je souhaite vous parler, mais plutôt de la pathologie cutanée induite par la plongée. Sans pouvoir être exhaustif, dans la « lettre du CIAS » je citerai simplement des problèmes parmi les plus fréquents.

Végétaux et animaux vulnérants ou urticants

La prévention contre ceux-ci est bien connue : éviter les manipulations, port de gants. Le traitement curatif : ne pas oublier de désinfecter et que l’eau de mer limite le saignement mais retarde la cicatrisation. Les pommades antihistaminiques sont en principe très efficaces sur les lésions dues aux urticants.

Quels sont les dangers de la plongée pour la peau ?

Les principale pathologies induites par la combinaison

Le « plaquage » de combi a été décrit provoquant œdèmes et parfois ecchymoses. Les échanges de combi sont un excellent moyen de transmission des infections cutanées entre plongeurs, et surtout des mycoses. Le rinçage immédiat après usage et le séchage parfait sont un moyen de prévention efficace mais insuffisamment efficace. Il n’est pas possible de « stériliser » une combi entre deux usages. Le trempage dans la javel à 5% est difficile à mettre en œuvre et agressif pour le matériel. Le meilleur moyen reste l’usage exclusif de ce matériel par le plongeur tout au long du stage.

Macération et irritations cutanées liées au port prolongé de la combi. Il faut limiter le port au temps strictement nécessaire puis rincer sa peau à l’eau douce, puis porter des vêtements amples. Dermites de contact par allergie au néoprène ou au latex.

Parmi les mycoses les plus fréquentes citons simplement le pityriasis versicolor, très contagieux qui laisse des traces blanches marbrées plus ou moins confluentes sur la peau, contagieuses et rebelles, et l’eczéma marginé de Hébra qui donne une plaque rouge ou violacée à évolution centrifuge à partir du pli inguinal.

Quels sont les dangers de la plongée pour la peau ? #2

N’oublions pas les mycoses entre les orteils ; prévention par un rinçage puis séchage soigneux des pieds après la piscine, et port de tongs qui devrait être la règle (de quoi les pieds du plongeur doivent-ils être l’objet ?). Le port des tongs permet de prévenir la dissémination des verrues plantaires, lesquelles doivent être détruites dés leur apparition, faute de quoi elles grossissent et diffusent.

Les risques d’infections cutanées

Toute blessure s’infecte en milieu marin donc il faut désinfecter très soigneusement et protéger (il existe des « pansements water proof »). Les infections bactériennes ou mycosiques du conduit auditif externe. Bien rincer les oreilles à l’eau douce le soir, protection par l’huile d’amande douce, pas d’auto-manipulations (en particulier au coton tige), usage d’alcool boriqué, traitement immédiat et adapté par l’homme de l’art, faute de quoi cela peut faire très mal.

Quels sont les dangers de la plongée pour la peau ? #3

Les pathologies induite ou aggravées par le soleil

Coup de soleil, épithéliomas et mélanomes, mais aussi rides et vieillissement accéléré des peaux trop exposées aux UV. On pensera aussi à l’acné des plus jeunes, calmée par le soleil et classiquement suivi quelques semaines plus tard d’une forte poussée. La prévention est connue de tous : crèmes solaires et protection vestimentaire.

On en rapprochera les urticaires : urticaire « aquagénique » (dû à l’eau), urticaire « thermique » (dû aux variations de température), et encore photosensibilisation lié à une prise médicamenteuse. Assez souvent la cause reste mystérieuse.

La syncope thermo différentielle est, comme tout le monde le sait, liée au contact brutal d’une eau froide sur une peau chauffée (au soleil le plus souvent). Le point de départ en serait donc cutané.

La plongée en ambiance tropicale majore les risques infectieux. Et il faut aussi y rajouter toute la pathologie tropicale parasitaire dermatologique à laquelle nous échappons dans nos régions tempérées. Mais cela, c’est une autre histoire.

Pour les curieux je conseille la lecture de « Plongée sous-marine et milieu subaquatique » par J. P. BONNIN et col. chez Masson, janvier 2003, où le chapitre sur la dermatologie a été volontairement hypertrophié par les auteurs.

Protégez votre peau

Lors de la visite médicale du plongeur, ne pas oublier de vérifier la peau dans son entité au même titre que la sphère ORL ou l’appareil respiratoire. Pour cela, il ne faut donc pas hésiter à faire déshabiller les sportifs, de plus cela permettra parfois de voir des cicatrices signant des pathologies « oubliées » à l’interrogatoire.